On a réveillé la créature des étangs de Mathan !
Cette histoire incroyable a été imaginée et écrite par Wylan, Maylie, Mia et Adrien, chez Récit Music à Genas, dans le cadre du Mois des Jeunes Prodiges en librairie.

Genas, 2124. Deux enfants inséparables de CM2, Andréa, qui a du courage mais n’aime pas trop rester assise sur sa chaise à l’école, et Tom qui est très peureux et ne se sent nulle part mieux qu’assis sur sa chaise à l’école, doivent préparer un exposé sur le fort de Genas. Pour trouver des informations, ils se rendent à la bibliothèque municipale et fouillent dans tous les rayons. Soudain, ils tombent sur Le mystérieux fort de Genas, une histoire écrite par des élèves de l’école Nelson Mandela en 2024… Ils la lisent aussitôt et découvrent à l’intérieur l’histoire de la créature des étangs de Mathan !
— Ah ! Trop chouette ! Une créature magique qui exauce les vœux ! Mais c’est fantastique ! s’exclame Andréa.
— Moi, ça me fait trop peur ! répond Tom. Je ne vais plus jamais aller aux étangs de Mathan maintenant que je sais qu’il y a une créature dedans !
Andréa le regarde en coin, avec un air malicieux. Connaissant bien ce regard, Tom anticipe :
— Tu n’y penses même pas !
Ils en restent là, préparent tranquillement leur exposé, puis Andréa — fille des propriétaires du centre équestre et elle-même championne d’équitation — propose à Tom de l’accompagner faire une balade à cheval.
Tom n’est jamais monté sur un cheval, bien sûr ! Il ne veut pas finir son année scolaire à l’hôpital ! Mais Andréa parvient à trouver les mots justes pour le rassurer :
— Ne t’inquiète pas, ce n’est pas dangereux. Tu n’auras rien à faire : ton cheval suivra le mien.
Et Tom, tiraillé entre la peur et l’envie, finit par accepter.
Ils arrivent au centre équestre, préparent les chevaux, et les voilà partis ! Après quelques minutes seulement, Tom reconnaît le paysage et comprend qu’Andréa l’emmène aux étangs de Mathan ! Très en colère, il se met à hurler son désaccord. Cela effraie les animaux, qui partent au galop. Ils s’arrêtent d’un coup net, en dérapage, au bord de l’eau. Les deux cavaliers font un vol plané de quarante mètres et atterrissent au milieu de l’étang, là où personne n’a jamais osé s’aventurer !
Ils coulent, coulent, coulent… jusqu’à ce que leurs pieds touchent quelque chose : ils ont enfin atteint le fond. Ils poussent fort sur leurs pieds pour remonter. Heureusement, la vase n’est pas trop molle à cet endroit. Arrivés à la surface, ils prennent une grande inspiration et se félicitent de s’en être tirés.
— Ah voilà ! On a failli mourir à cause de toi ! Bravo ! ronchonne Tom.
— Oh ! Arrête ! Avoue que c’est rigolo !
Ils se disputent tout en nageant pour regagner la rive. Quand soudain, des petits ploc ploc se font entendre autour d’eux.
— Oh ! Des poissons qui nous accompagnent ! se réjouissent-ils en chœur.
Mais en regardant de plus près, ils réalisent que ce ne sont pas des poissons, mais des tentacules qui cherchent à tâtons quelque chose à la surface de l’étang.
— C’est la créature ! Elle veut nous manger ! hurle Tom.
— Du calme, elle a l’air gentille. Elle ne nous veut certainement pas de mal, tempère Andréa.
Quelques secondes plus tard, ils s’étonnent : ils n’ont plus besoin de nager. Ils tiennent sur l’eau… et même au-dessus de l’eau, de plus en plus haut !
— On est sur… on est sur… on est sur… bégaye Tom.
— … la tête de la créature, complète Andréa, toujours aussi calme. C’est sans doute elle qu’on a prise pour de la vase. Nos coups de pied l’ont réveillée et la voilà qui monte à la surface voir qui vient ainsi troubler son sommeil qui dure depuis cent ans !
La créature se met à gesticuler dans tous les sens avec ses tentacules. Elle essaie de gratter l’énorme bosse qui vient d’apparaître sur le haut de son crâne. Elle semble très étonnée de gratter quelque chose de poilu… C’est la tête de Tom, qui ne peut s’empêcher de crier.
La bête comprend alors qu’elle a des humains sur la tête. D’abord énervée, elle grogne. Puis elle réalise que ce ne sont que des enfants et décide de retourner se coucher pour les cent prochaines années.
Quand elle commence à redescendre, Andréa comprend son intention et donne un coup de coude à Tom, cramponné à la bosse, tout blanc.
— Il faudrait qu’on fasse un vœu ! murmure la jeune fille. C’est une chance incroyable !
Tom ne répond pas. Il veut juste rentrer chez lui et oublier le plus vite possible cette horrible aventure. Mais Andréa continue de réfléchir à haute voix :
— On pourrait lui demander, par exemple, de remplacer les cerveaux des adultes par des cerveaux de petits enf…
Elle n’a pas le temps de finir sa phrase car la créature est passée sous l’eau, et les deux enfants doivent se remettre à nager pour ne pas couler.
Ils atteignent péniblement le bord de l’étang, où les attendent les chevaux.
— Remplacer les cerveaux des adultes par des cerveaux de petits enfants ? Mais où vas-tu chercher des idées pareilles ? s’étonne Tom. Moi, j’aurais demandé… Oh, et puis allez, je suis trop fatigué pour m’amuser avec ces bêtises. Rentrons, vite !
Sur le chemin du retour, Tom reste muré dans le silence malgré la bonne humeur d’Andréa, fatiguée mais heureuse d’avoir vécu une telle aventure. Elle aurait simplement aimé avoir le temps de formuler un vrai vœu.
— Ah ! Si on avait été plus vifs, on aurait préparé un vœu à l’avance ! On a perdu la plus belle occasion de notre vie ! J’aurais demandé à avoir des ailes, par exemple. Tu imagines ?
Ses yeux brillent. Tom, lui, ronchonne, en insistant sur le « on » :
— On aurait, mais bien sûr !
Ils arrivent au centre équestre, attachent les chevaux, les brossent, leur donnent à manger et à boire, et s’apprêtent à rentrer dans la maison d’Andréa quand ils réalisent qu’ils sont tout mouillés et couverts de boue. Ils vont se faire gronder… Ils commencent à chercher une solution quand ils entendent des coups de klaxon. Ils se tournent vers la route : c’est la voiture des parents d’Andréa qui arrive en faisant plein de zigzags, avec les clignotants qui clignotent dans tous les sens.
— Qu’est-ce qui leur prend ? s’étonne Tom.
— Peu importe, le bouscule Andréa. Cachons-nous ! Regarde dans quel état nous sommes, il ne faut pas qu’ils nous voient comme ça !
Ils se cachent derrière un buisson et observent la scène sans faire de bruit. La voiture fait plusieurs zigzags en klaxonnant de plus belle dans la cour avant de terminer sa course dans une grosse poubelle à roulettes, qui s’en va à son tour percuter le mur de l’écurie.
Les parents d’Andréa descendent alors de la voiture et se précipitent à l’endroit où les enfants se sont occupés des chevaux quelques minutes plus tôt. Comme ils étaient complètement trempés, une immense flaque de boue s’est formée sur le sol. Les deux parents accourent et se jettent dedans, fesses les premières. Ils s’en mettent partout et commencent à patauger en criant de joie :
— Ga ga ! Po po !
À suivre !
Nous poursuivrons cette histoire le samedi 25 avril les enfants ! Rendez-vous au quatrième salon du livre de Genas, atrium de l’hôtel de ville. Horaire à venir, vous trouverez l’information sur notre site internet et chez Récit Music bien sûr.
